Rassemblant ce week-end quelques dizaines de milliers de fidèles au Lincoln memorial, le Tea Party a montré qu’il faudrait compter sur lui durant cette fin de campagne. Galvanisée par un Glenn Beck survolté, une foule en délire recouvrit les pelouses du mall aux couleurs de la bannière étoilée.
Rififi chez les Républicains
Plus que des organisations idéologiques, les partis politiques américains sont des machines électorales réunissant un certain nombre de tendances politiques plus ou moins proches autour de vagues intérêts communs. Ainsi n’est-il pas surprenant de voir une tendance comme le Tea Party émerger au sein du parti Républicain.
Très agressif, il en vient même à ébranler les fondements conservateurs du parti comme ce fut le cas dans l’Utah où le Tea Party fit perdre le conservateur et ancien leader Républicain du Sénat, Bob Bennett, lors des primaires du 8 mai dernier. Et voilà même le Tea Party en campagne contre le soldat McCain qui dut hausser le ton pour s’imposer dans son fief d’Arizona. Le jeune Tea Party n’a pas encore les moyens de ses prétentions car s’il représente une incontournable droitisation du parti Républicain, il ne marche pas encore en ordre de bataille et devra, au moins pour cette élection, se fondre dans l’énorme machine rouge.
L’essence de l’Amérique ?
Rapidement qualifié d’extrême droite par les observateurs politiques, le Tea Party n’en reste pas moins représentatif, même dans son excès, d’une face de l’Amérique. Revendiquant un libéralisme économique et institutionnel absolu, il est issu du courant libertarien traditionnel américain et cherche ses racines dans le mouvement du Boston Tea Party protestant contre les taxes britanniques sur le thé à la fin du 18e siècle et à l’origine de la guerre d’Indépendance. Figure emblématique du mouvement depuis sa naissance en 2008, Ron Paul multiplie les discours en ce sens contre la politique socialisante de Barack Obama, dénonçant tout autant sa politique de soutien au milieu bancaire – le mouvement du Tea Party est né contre l’aide publique aux banques à la suite de la crise des subprimes annoncée par Barack Obama durant sa campagne – et sa réforme de la santé, creusant toujours plus les déficits publics.
I have a dream…
Véritable démonstration de force, le meeting organisé au Lincoln memorial samedi 28 août rassembla plusieurs dizaines de milliers de défenseurs de l’honneur américain. En effet, Glenn Beck – animateur vedette de Fox News et organisateur de cette petite sauterie – baptisa ce rendez-vous politique Restoring honnor. Nous sommes bien loin du discours de tolérance que prononça Martin Luther King au même endroit 47 ans plus tôt. Car si le défenseur des droits civiques en appelait à une Amérique métissée et égalitaire, le Tea Party avait samedi dernier des relents de racisme dans sa défense d’une Amérique blanche et chrétienne pas si loin des théories ariennes du mouvement WASP de la fin du 19e siècle.
Rassemblement pour les élections législatives de novembre, il eut des airs de lancement de campagne présidentielle pour une Sarah Palin acclamée par une marée humaine au son patriotique de « USA ! USA ! USA ! ».

1 réaction
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Ada |
zoomer
19/10/2010 | 23h43
Réagissez !super docu de Al Jazeera qui mentionne les tea parties…
http://english.aljazeera.net/p.....16797.html