Pour beaucoup de Démocrates l’heure est au marketing de bas étage, faisant appel tous azimuts aux personnes populaires pouvant redorer leur image de marque. Et à ce petit jeu, Bill Clinton est la star, multipliant les apparitions aux quatre coins du pays. Car sans doute, le desperate househusband d’Hillary Clinton est-il plus populaire que l’actuel locataire de la Maison blanche. On le vit même ravaler sa fierté et venir au secours de Jerry Brown en course pour le poste de gouverneur de Californie, le même qui quelques jours plus tôt s’amusait des frasques de l’ancien président avec sa secrétaire de l’époque, Miss Lewinsky.
L’ombre de 1994
Mais tout ceci cache bien mal le malaise Démocrate alors que l’on fait déjà référence, ici ou là, à la Révolution républicaine de 1994 que les midterm de 2006 et l’élection d’Obama de 2008 avaient eu tendance à faire oublier. Lors des élections de mi-mandat de 1994, les Républicains reprirent le contrôle de la Chambre des Représentants – aux mains des Démocrates depuis 1952 – et du Sénat perdu 8 ans plus tôt et retrouvèrent la majorité des postes de gouverneurs qu’ils n’avaient pas eue depuis 1972.
Et les similitudes avec 2010 sont troublantes. Un jeune président démocrate fraichement élu, un Congrès bleu horizon, des États majoritairement démocrates laissent penser à une main mise des ânes bâtés sur la vie politique américaine. Mais tout comme en 1994, l’opinion gronde face à la réforme de la santé, à la hausse des impôts, à la mise en danger des boys dans des contrés lointaines, … Seul véritable réconfort pour le parti Démocrate, les désunions des Républicains devant faire face à la poussé des extrémistes du Tea Party qui, pas plus tard qu’hier, remportèrent les primaires du parti Républicain pour le Sénat dans le Delaware et pour le poste de gouverneur de l’État de New York.
Les vieux ont la cote !
Mais cette désunion, qui n’existait pas en 1994, suffira-t-elle à sauver les meubles démocrates alors que les sondages font autant référence à un vote sanction qu’à un vote pro-Républicain – 44 % des sondés par l’institut Gallup votant Républicain disent le faire contre le parti Démocrate. Et les derniers sondages parus ce week-end annoncent une forte poussée des Républicains avec 48 % des intensions des votes contre 43 pour les Démocrates – institut Gallup.
Mais ces chiffres globaux cachent une réalité encore plus rude pour la gauche dans le système électoral fédéral américain voyant le renouveau total de la Chambre et le tiers du Sénat (34 sièges). Les projections de l’Institut FiveThirtyEight pour le New York Times estiment que la Chambre des Représentants devrait voir une nette victoire Républicaine avec 225 sièges contre 210 – aujourd’hui la Chambre compte 255 Démocrates et 178 Républicains. Plus réservé pour le Sénat, l’institut estime que les Démocrates pourraient le conserver à une courte tête (52 sièges contre 48 alors qu’aujourd’hui les Démocrates en possèdent 59). Mais l’institut lui-même tient ces chiffres comme très hypothétiques, car basées sur des victoires Démocrates tout aussi hypothétiques en Californie, dans le Colorado, dans l’Illinois, dans le Nevada, dans l’État de Washington et dans le Wisconsin, soit 6 sièges sur 34.
Des dommages collatéraux
La poussée républicaine pourrait aussi redessiner la carte politique nationale à un échelon plus local, celui des États. En effet, l’election day est le jour choisi par beaucoup d’États pour organiser l’élection de leur gouverneur. Ainsi 36 des 50 États de l’Union voient leur exécutif réélu et là encore, les Républicains semblent avoir la part belle. Alors qu’ils contrôlent aujourd’hui 23 États, ils pourraient à nouveau se retrouver majoritaires à ce niveau là. L’institut FiveThrityEight estime qu’ils pourraient ainsi remporter les élections dans plus de 7 États aujourd’hui contrôlés par les Démocrates.
Si dans les semaines à venir les tendances actuelles se confirment, les Démocrates devront alors mettre de l’eau dans leur vin pour mener une politique plus consensuelle. Plus encore, une victoire aux deux chambres du Congrès offrirait aux Républicains un contrôle très important sur le président et son administration.
1 réaction
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David |
zoomer
15/09/2010 | 17h01
Réagissez !Le Tea Party qui pousse les démocrates à mettre de l’eau dans leur vin… on aura tout vu…