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Like a Rolling stone

Face à la catastrophe annoncée, il était temps pour Barack Obama de sortir de son impartialité présidentielle et de voler au secours des Démocrates qu’il aura lui-même mis en danger par sa politique réformiste peut-être trop ambitieuse.

La démocratie monnayée

Tout est toujours plus grand en Amérique. Et si les midterms sont un exercice démocratique indéniable, la campagne est, à bien des égards, affaire de gros sous, apparentant cet évènement majeur de la vie politique des Etats-Unis à un vaste show télévisé de l’immense network américain dans lequel les politiciens seraient des marionnettes au service de riches manias de la finance, des médias ou autre. Et voilà Obama drapé de sa stature de président élu dénonçant – dans un exercice rhétorique classique – l’opacité des financements de la campagne républicaine comme allant à l’encontre de la loi.

Doit-on pour autant parler de corruption ? La question est posée lorsque les candidats sont si dépendants des fonds de soutien pour mener à bien leur campagne : production de spots de campagne, de spots contre le campagne adverse, meeting aux proportions généreuses, … Ainsi voit-on une course aux financements entre les différents candidats afin de mieux envahir l’espace public donnant un caractère très douteux à ces dons de multimillionnaires. Et ceci ne pose-t-il pas encore plus de problème lorsqu’il s’agit d’un Rupert Murdoch, 88ème fortune du monde et à la tête de l’un des réseaux de médias les plus vastes au monde, qui offre généreusement un million de dollar au Grand Old Party ?

Shut up Rupert !

Le président américain tacla d’ailleurs l’attitude de monsieur Murdoch lors de son entretien avec le très impertinent Rolling Stone paru mardi dernier sur le site du magazine. Car si sous couvert de défense de la sacro-sainte liberté de la presse Obama se félicita de la vivacité de la première chaine d’information des Etats-Unis, il qualifia le message Fox News de « destructeur » pour l’avenir du pays et rappela à son patron qu’il était plus saint pour lui et pour les autres qu’il s’occupe de business.

Dans une Amérique où les médias sont largement politisés, les chaines comme Fox News ou MSNBC tiennent un rôle primordial, présentant leurs poulains sous le meilleur jour et taclant à tout-va l’opposition. Et dans ce domaine, il est sûr que l’émission de Bill O’Reilly, The O’Reilly Factor – la plus regardée des émissions de la chaîne d’information la plus regardée –, délivre chaque soir le plus politisé – et sans doute le plus populiste – des messages journalistiques. Soutenant, avec son collègue de l’après-midi Glenn Beck, le Tea Party, ce faiseur d’opinion est un adversaire de taille que le président lui-même vint prendre à partie dans cette interview.

A la recherche de la majorité silencieuse

Mais cette offensive s’intégra dans une série de sortie de Barack Obama cinq semaines avant l’election day. Alors que déjà lundi, il tentait de séduire les bons électeurs Républicains au Today Show sur NBC en les dissociant des méchants élus du GOP, il reprit son habit de campagne – chemise bleue col ouvert et manches retroussées – lors de son discours d’hier soir à l’université du Wisconsin – Etat où la campagne est très accrochée –, cherchant par tous les moyens à retrouver l’élan de 2008. Car si la victoire d’Obama s’inscrivit très largement dans le retour en force des Démocrates depuis 2006, le sénateur de l’Illinois d’alors avait surtout su mobiliser les Indépendants et la fameuse majorité silencieuse traditionnellement abstentionniste et qui semble à nouveau vouloir boycotter les urnes. En appelant à l’orgueil de l’électeur, il rappela que chaque voix compte et que chaque voix façonne la politique nationale : « We can’t let this country go backwards because we didn’t care enough to fight. »

Source : Flickr
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à propos du zoomer

Boris
Passionné de voyages et des cultures du monde, je suis spécialiste de relations internationales et m’intéresse tout particulièrement à la politique étrangère des Etats-Unis. Zoomer international, j’assure la chronique monde.

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