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Zambie: A qui profite le cuivre?

Le documentaire Zambie : À qui profite le cuivre diffusé sur Arte début juin mets le doigt sur un enjeu primordial : comment la richesse du continent Africain fait sa misère. Le cas du cuivre est édifiant, mais loin d’être isolé.

Pas aux Zambiens …

Le documentaire, en ligne ici, explique comment Glencore, le géant énergétique européen basé en Suisse et fondé en 1974 par Marc Rich  – condamné à 325 années de prison aux États — Unis pour corruption — exploite la mine de Mopani depuis 2000.

Après son indépendance en 1964 la Zambie avait le PIB par habitant du Portugal et développait un système de santé et d’éducation solide. Grâce à l’exportation de ses matières premières prisées et au cours élevé, 12 000 euros la tonne de cuivre en 1975, l’économie était dynamique.

Lorsque le cours du cuivre sur les marchés internationaux s’est effondré en 1980, atteignant 2 000 euros la tonne en 1987, l’économie zambienne est entrée dans le cercle de l’endettement, les pétrodollars facilitant les prêts.

C’est là que l’ajustement structurel de la Banque Mondiale est venu tout figer dans la roche en conditionnant à l’octroi de prêts la privatisation des systèmes de santé, d’éducation et d’exploitation des ressources, forme de garantie de la solvabilité du pays. Manque de chance pour les Africains, le cours du cuivre est remonté à 7000 euros la tonne en 2005 et se vend aujourd’hui à 6 338 EUR à Paris. Glencore a donc acquis cette mine au moment ou la valeur de sa production était très basse, et bénéficié depuis de la reprise des cours.

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L’ exploitation de matière première, le cœur du problème

Pourtant, Glencore n’a déclaré aucun profit en Zambie et ne paie pas d’impôt en Suisse, car le siège social de sa filiale propriétaire de la mine de Mopani est basé aux Iles vierges britanniques. Sherpa et Friends Of the Earth attaquent l’entreprise pour fraude fiscale, ce qui n’a pas empêché le géant de l’énergie européen de s’introduire en bourse le 11 mai dernier, réalisant la troisième plus grosse opération boursière en Europe et rompant avec 37 ans de secret.

L’enjeu fiscal n’est pas le seul problème lié au à ce type d’ exploitation minière. Rappelons-nous le Chili, premier extracteur mondial de cuivre, où l’enjeu sécuritaire a déjà été soulevé lors de fréquents effondrements de galerie. Aux États-Unis par contre, 3e producteur de cuivre, l’extraction est très moderne et il n’y a plus d’extraction souterraine.

Le documentaire dénonce aussi la pollution de l’air, car le taux de dioxyde de soufre rejeté est 72 fois supérieur aux normes, et l’eau prélevée enregistre des niveaux de dépôt toxique 32 fois plus élevés que la norme autorisée, alors que la Banque Européenne d’Investissement (BEI) a octroyé un prêt de 48 millions d’euros afin de rendre la mine moins polluante.

Pour satisfaire quelle demande ?

Au final, il n’est pas inutile de s’interroger sur nos modes de consommation et la destination de tout ce cuivre. Lorsqu’un officiel Zambien demande au représentant de la BEI comment ça se passe chez nous, la réponse est : « ce n’est pas pareil, chez nous rien de tel n’aurait été possible, car les normes environnementales et du travail sont très fermes. » « À merci ».

Source: AfricaMix

à propos du zoomer

Ada
Passionnée d’écologie politique, je compte bien soulever des questions pertinentes qui sortent de l’ordinaire sur la gestion de nos si précieuses ressources. La chronique écologie nous fera voyager sur tous les continents, mais mon intérêt profond pour l’Afrique risque de lui donner un petit avantage… Mes articles ne sont cependant qu’un point de départ, à vous tous d’en faire une mine d’idées et d’animer le débat.

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