La réduction des émissions n’est clairement pas la priorité des États aujourd’hui. Après les groupes de travail préparatoires à Panama en octobre, les négociateurs du climat se retrouvent du 28 novembre au 9 décembre à Durban, Afrique du Sud, afin de décider de l’avenir de l’action internationale pour réduire les emissions de CO2 et pour limiter les effets du changement climatique de l’ère post-Kyoto. Après toutes les réunions ratées, et les quotas non respectés, Durban 2011 s’annonce comme un énième coup d’épée dans l’eau, avec des objectifs énormes et peu d’espoir.
Durban 2011, alors quoi ?
Les pays développés, (USA, Russie, Chine,etc.) pollueurs historiques liés par le Protocole de Kyoto – que les Etats-Unis n’ont d’ailleurs jamais ratifié – doivent se mettre d’accord sur l’objectif commun de réduire leurs émissions pour limiter le réchauffement global à 2 degrés. À partir de ce qui a déjà été négocié à Cancun, on peut s’attendre à des gros chiffres : entre 25 et 40% de réduction. Pourquoi autant ? Parce que le temps presse. Les niveaux actuels d’émissions sont encore beaucoup trop élevés. Pour les Etats insulaire, la situation devient critique. Ils réclament d’urgence un accroissement des ambitions afin de ne pas disparaître sous le niveau des mers. Alors on fait quoi ? Dans l’idéal, pour combler le fossé entre la réalité et les objectifs, il est nécessaire que d’ici 2020, la réduction des émissions aient atteint plus de 40%. Et il ne reste plus que 8 ans. Le compte à rebours est en marche.
À Durban, il faudra aussi organiser la gestion des fonds pour l’atténuation et l’adaptation aux effets des changements climatiques promis à Cancun, financer le Fond Vert et le méchanisme REDD – émissions épargnées par l’absence de déforestation– et renforcer les mécanismes de transfert de technologies vers les pays en développement.
Quels nouveaux mechanismes financiers sont envisageables comme des crédits carbone, une taxe carbone internationale, une taxation redistribiutive des flux financier ? Les États doivent choisir. Un programme chargé pour des négociateurs qui ne cessent de regarder dans leur rétroviseur, traumatisés par la crise de la dette et la fragilité de la zone Euro, au lieu de regarder la route.


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