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ZOOM CINÉ // THE LADY OU LE RETOUR DU BESSON NAÏF

Luc Besson sort un film sans 3D, sans pubs excessives et sans le menu happy-meal qui va avec. Pourtant la presse est déjà divisée entre le grand mélo lyrique et le film politique réducteur et simpliste.

La relation amoureuse comme acte politique

Cela fait 30 ans que Luc Besson aime conter des histoires d’amour grand public à la façon d’un ado doué qui ne veut pas grandir. Son fer de lance a toujours été de filmer la force du    « sexe faible » avec des personnages de femmes hors-normes (Nikita, Mathilda, Leeloo, Jeanne d’Arc, Adèle Blanc-Sec…) pour mieux pointer les faiblesses du mâle dominant.

Alors que Michelle Yeoh lui apporte le scénario, c’est tout naturellement que Luc Besson s’empare de l’histoire déchirante de Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, opposante à la junte militaire birmane, séparée de sa famille et enfermée en résidence surveillée pendant plus de vingt ans.

Le cinéma de Luc Besson est beaucoup de choses, sauf engagé. C’est donc sous l’angle habituel de l’histoire amoureuse que le réalisateur traite cet épisode récent de l’histoire Birmane. The Lady dévoile au grand jour le combat du parti de la Ligue Nationale pour la Démocratie contre le régime militaire du général Ne Win pour mieux montrer que l’histoire d’amour entre Aung San Suu Kyi (Michelle Yeoh) et son mari Michael Aris (David Thewlis) a contribué à l’histoire de la Birmanie. Cette love story politique assume pleinement son statut en reléguant au second plan le combat de Aung San Suu Kyi, habitée par une Michelle Yeoh qui tient le rôle de sa carrière.

Quand les tics de fabrication refont surface

Luc Besson est le pape français du film mainstream et générationnel pas toujours subtil mais efficace. Raconter l’histoire, la vie et les amours de cette figure politique birmane en 2h ne lui pose aucun problème. La mise en scène, nous gratifie même de quelques bonnes idées, trop rares. On retiendra le parallèle entre le mari Michael Aris qui galère seul à faire la cuisine pour leurs enfants restés en Angleterre, alors que Aung San Suu Kyi apprend à mettre en place les rouages de l’indépendance de son pays.

Le film s’attarde avec insistance sur les conditions injustes et difficiles de cette relation en multipliant inlassablement les scènes de séparation et de retrouvailles entre la mère, le mari est les enfants. A force de vouloir charger son histoire sur le plan émotionnel, le spectateur finit par tourner en rond comme Michelle Yeoh enfermée de force dans sa propre maison.

Fidèle à son cinéma naïf et manichéen, Luc Besson nous offre un méchant, un très méchant. Là où un Gary Oldman névrosé et sadique excelle dans une fiction comme Léon, ici le Général Ne Win tombe dans l’archétype du dictateur caricatural qui prête à sourire. Même la musique du fidèle Eric Serra sonne trop appuyée. Le tic récurrent du réalisateur à vouloir rendre le monde « cinématographique », ne colle pas toujours avec cette histoire vraie, qui à la base avait déjà toute la matière émotionnelle nécessaire.

The Lady reste une fresque amoureuse maitrisée et le point de vue du réalisateur de s’attarder sur la vie sentimentale plutôt que sur la vie politique de Aung San Suu Kyi lui permet de mieux toucher les masses et de les conscientiser sur un épisode de l’histoire peu médiatisé.

La bande annonce

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à propos du zoomer

Julien
J’aime le son de la  pellicule qui défile, la lumière, l’image contrastée, les plans séquences, être surpris, le bruit du clap, les tournages et les comédiens qui prennent des risques. Je n’aime pas les spectateurs qui mangent du pop corn, les happy end gnangnans, les Cahiers du Cinéma, l’image plate, les films trop prévisibles et les jeunes réalisateurs français qui se prennent pour Kubrick. À part ça, il y a beaucoup trop d’autres choses mais l’image et le son restent mon activité et ma passion principale.

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