Halalûh akbar ! L’islam appartient à la gastronomie française

  • Rubrique : Blog, miam
  • Date : 07/10/2010 15h39
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« L’islam appartient à l’Allemagne ». À l’heure où la France patine devant la multiplication des restaurants halal, voilà ce qu’affirmait dimanche dernier le Président fédéral allemand dans un discours commémoratif des plus patriotiques. En France, la polémique signifie-t-elle que nous serions une fois de plus en retard par rapport à nos voisins d’outre Rhin ?

Un code sacrificiel

La nécessité pour un Musulman de recourir à la dhabiha, c’est-à-dire à l’abattage rituealisé des animaux avant de consommer leur viande répond à deux choses. Tout d’abord l’obligation d’égorger permet de s’assurer que la viande qui sera consommée est une viande fraîche et non celle d’un animal mort. Elle est donc sanitaire et tout aussi sanitaire que l’interdiction de consommer du porc dont on peinait à conserver la viande dans de bonnes conditions dans l’Arabie du VIIe siècle. La seconde raison est que cette consommation est un acte de grâce. Le sacrifice est ici une forme de communion avec Dieu et permet donc au croyant de consommer sans gourmandise. Cependant, le terme « halal » signifiant : « ce qui est autorisé », on ne peut s’empêcher de souligner ici son utilisation restrictive actuelle.

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Que sait-on de l’histoire du goût ?

  • Rubrique : Blog, miam
  • Date : 30/09/2010 14h33
  • Réactions : 2 commentaires
source : Flickr
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Dans le cadre de l’opération « Bon appétit ! » et du Festival d’Ile de France 2010, la Cité des sciences et de l’industrie réunissait mardi dernier trois des plus grands spécialistes français du goût autour d’une histoire à construire.

Le goût est l’un des sens les plus complexes dont l’homme jouit, et pourtant, c’est aussi le plus mal étudié et le plus mal connu. La raison ? La perte du goût ne serait pas un handicap social suffisant pour que les chercheurs se pressent à se pencher dessus. Le marché n’est pas porteur. Mais à l’heure où on commercialise le goût de l’authentique et du bio, tout comme on fantasme son uniformisation, le goût est à la mode, il y aurait même si ce n’est une culture du moins un culte du goût.

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Burger King, mon amour…

Burger King, Annagasse, Vienne
© David / Zoomout

Burger King et les Français… Une histoire d’amour banale : suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis…

Demandez à un Français ce que lui évoque le savoureux nom de « Burger King », voici ce qu’il répond : « whopper time ! », « Miam ! », « Ooooooh oui !!! », « meilleur que Mc Do’ », « ça fait partie des trucs à faire dès que tu sors de France, non ? » Messieurs les officiers, la messe est dite ! C’est un fait aussi incontournable qu’hystérique : le Français à l’étranger se jette sur la première enseigne rouge et jaune venue comme la faim sur le monde ou comme un trésorier de l’UMP sur une milliardaire sénile… Étrange paradoxe que le succès de cette chaîne de burgers chez les Français en vadrouille alors qu’en 1997 la firme fermait ses portes dans l’Hexagone par manque de rentabilité.

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Du sourire de Bacchus à la larme du Christ

© David
© David

Troisième et dernière étape de notre balade napolitaine, nous remontons aujourd’hui les pentes du Vésuve pour y récolter la larme du Christ.

Du mythe à la légende

Si le christianisme constitue une culture du vin, elle est loin d’en être la première. Avant elle, Grecs et Romains en dégustaient déjà les propriétés, la vigne allant jusqu’à constituer avec le blé et l’olive l’un des trois éléments fondamentaux de la culture romaine et de la romanisation du monde. Or, dans la golfe de Naples, ces trois cultures se sont successivement réinterprétées et enrichies. À une culture populaire napolitaine voulant que le vin tiré de la vigne qui est cultivée sur les flans du Vésuve soit issu d’une larme versée par Bacchus, l’Église catholique préfère évoquer la peine du Christ après la chute de Satan et son expulsion du Paradis avec sa clique. Cette peine fut telle qu’il en versa des larmes qui tombèrent sur les flans du Vésuve comme des coulées de lave, là où poussent aujourd’hui les vignes dont on tire la lacryma christi.

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La vera pizza napoletana

source : Flickr
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Seconde étape de notre ballade estivale et napolitaine, zoomons sur l’incontournable vera pizza napoletana et la surprenante richesse gastronomique qu’elle offre.

En 1993, alors que le G7 se tenait à Naples, Bill Clinton fut pris d’une envie tout aussi gourmande que subite : déguster une « vera pizza napoletana ». Contrairement à ce que nombre d’Américains pensent, Mr President sait bien que la pizza ne fut pas inventée sur les bords de l’Hudson mais au fond des vieux fours des lazzaroni. Bill rendait donc ainsi à Naples ce qui lui revenait et la pizzeria de la via dei Tribunali dans laquelle il s’arrêta lui rendit hommage en prenant alors le nom d’il Presidente. Mais ne nous y trompons pas, ce gourmand de Bill ne n’y vint pas par hasard. La réputation de ce qui n’est en apparence qu’un bouiboui n’était déjà plus à faire, et les récompenses internationales du pizzaïolo « della casa » ne doivent rien à l’américaine reconnaissance. Aujourd’hui, Il Presidente reste l’une des plus célèbres et délicieuses pizzeria de Naples.

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Un zeste de Sorrente

source : wiki commons
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Les prochains rendez-vous de notre chronique gastronomique nous emmènent tout autour du Golfe de Naples. Première escale à Sorrente, à la dégustation de ses prestigieux citrons.

Du citron au citron de Sorrente

Contrairement à ce que nous pouvons trop facilement croire, le citron n’est pas un fruit méditerranéen. Bien au contraire, il est arrivé sur nos rives au Moyen-Âge dans les épices des marchands musulmans dont il a accompagné la conquête tant politique qu’économique. Acheté sur les marchés d’Iran et d’Inde, le voilà alors acclimaté et approprié, au point d’être tansplanté dans le Nouveau monde peu de temps après la découverte européenne de celui-ci. La fortune du citron à la Renaissance est profondément liée au mal des marins qu’il soigne. Non je n’évoque pas ici la syphilis mais le scorbute. Aussi, la mondialisation espagnole a permis aujourd’hui de voir le Mexique et l’Argentine concurrencer l’Inde dans sa production.

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Les anchois, un petit plaisir estival

source : Flickr
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Comme beaucoup de produits exigeants, les anchois sont souvent mal aimés, ou plutôt, il semble très difficile de faire autrement que de les adorer, ou de les détester.

Un emblème de l’Europe de la table ?

Ce petit poisson est un produit bien de chez nous, je veux dire européen ! Qui plus est, l’été est sa saison, celle où avec son banc de bro’ il remonte des fonds et vient reluquer les jolies filles sur la plage. Entre le Golfe de Gascogne ou celui du Lion, son cœur balance. En fait, on en trouve aussi en Mer du Nord et en Baltique, mais nos amis Scandinaves lui ont depuis bien longtemps préféré le hareng. Ces gens… Bon, certes, comme pour tout produit préparé l’été, l’idéal est de le consommer l’hiver ou le printemps suivant, mais passons.

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Les délices de la figue

source : Flickr
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Il y a tant de fruits dont on pourrait vanter les mérites, mais peu se sont déclinés ces dernières années comme la figue, et peu, comme elle, renvoient à un imaginaire aussi délicat que gourmand.

D’une figue à l’autre…

Voilà plus de 10 000 ans que la figue est cultivée en Méditerranée. Plus encore aux yeux de ce vieux briard de Caton, sa fraîcheur malgré sa cueillette de trois jours et son transport révélait le danger de la civilisation punique renaissante et de Carthage qu’il fallait une fois pour toutes détruire. Dans le Coran, la figue est un symbole féminin, dont la peau charnue et la chair sucrée et fraîche ont su inspirer bien des auteurs arabes et européens. Mozart ne s’y trompait donc pas en assimilant le gardien du potager des figuiers à celui du harem et ainsi de célébrer dans son Orient imaginaire la saison des figues-fleurs. Car ne l’oublions pas, la figue n’est pas le fruit mais la fleur bourgeonnante du figuier et qui comme d’autres fit les délices des auteurs de Marco Polo à Christophe Colomb en passant pas Giacomo Casanova.

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Cette sournoise révolution de notre culture juridique

source : Flickr
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En vigueur depuis le 1er mars la très bâtarde Question prioritaire de constitutionnalité, voulue par Sarkozy et portée par Robert Badinter, fut présentée par Jean-Louis Debré comme « une révolution démocratique ». Or, celle-ci vient d’être sévèrement critiquée par la Cour de justice européenne comme portant atteinte à ses prérogatives fondamentales.

Hélas, Rousseau semblait avoir bel et bien gagné. La loi en France était sacrée car expression de la volonté générale, quand bien même cette volonté pouvait reposer sur des motivations bien lamentables. Une fois votée et publiée, la loi devait être appliquée et le citoyen n’avait rien à y redire puisqu’elle était l’expression de sa volonté. Voulue par lui, il ne pouvait ni l’ignorer ni la violer. Or, avec la Question prioritaire de constitutionnalité (QPC), n’importe quel justiciable peut saisir le Conseil constitutionnel afin de faire invalider une décision de justice si celle-ci est motivée par une loi portant atteinte à ses libertés fondamentales.

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Petite économie de la buvette

source : Flickr
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Du pain et des jeux, le duo est pluri-millénaire. Il stigmatise tantôt le populisme des évergètes tanôt l’abrutissement populaire. Dans l’un ou l’autre cas, que de condescendance ! De la posture morale à son économie, Zoomons sur cet autre lieu du sport et de ses plaisirs qu’est la buvette.

Le lieu est chargé de clichés, au point de devenir lui même la caricature des sports qui y sont associés. Et pourtant, plus qu’un simple espace de rafraîchissement et de sociabilité, c’est parfois l’âme même d’un club qu’elle abritait. Oui, dans bien des stades du monde, il faut en parler à l’imparfait. La buvette de nos compétitions de minimes, celle qui faisait le charme folklorique des tournois de foot amateur se retrouve aujourd’hui reléguée hors de l’enceinte sportive des rencontres professionnelles, au nom des nouvelles normes et idoles sportives : la sécurité, le commerce et la respectabilité.

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David

Membre depuis le 25/03/10

Prof' et jeune chercheur, auteur d'articles aussi éclectiques qu'improbables, je reste fidèle à l'adage de mon vieil ami Denis: "mes pensées, ce sont mes catins". Assiette-trotteur, anthropologue de cuisine, hédoniste option gastronome de confession ma chronique gastronomique nous propose de voir le monde par le petit bout de la fourchette.

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