Lorsqu’il s’agit de déverser sur son public un cataclysme moite et vibrant, le groupe d’Anton Newcombe sait exactement comment s’y prendre. Il suffit de sortir l’artillerie lourde, quatre guitares distordues au son crasseux, un batteur explosif et la voix d’un alcoolique au sortir de sa cure de désintoxication.
Une atmosphère étrange se dégage de cette bande de huit rockers aux chemises vintages. Comme à son habitude Anton joue perpendiculaire à la scène et surveille son groupe. L’ambiance oscille entre professionnalisme et tension. Les morceaux sont exécutés à la perfection, mais on ne ressent aucune cohésion entre les musiciens.
Pourtant le concert est énorme, deux heures des meilleurs morceaux du groupe, comme un best of en chair et en os. Sur quelques titres, ils nous offrent même le luxe de sortir des sentiers battus et d’aller chercher, dans des élans post Rock, des apothéoses de saturation.
Un concert des Brian Jonestown se vit comme une expérience étrange entre névrose et excitation. Comme une drogue, le psychédélisme du groupe se fragmente en de nombreux sentiments contradictoires au sein desquels il est difficile de trouver une place confortable.